Projet conçu pour l'exposition des bourses Chevalier, Lissignol et Galland 2012 au
centre d'art contemporain de Genève
"Les dimensions du bateau sont les suivantes : longueur 32 mètres, largeur 7,2 m, creux sur la quille, 4,2 m. Un bateau un peu plus grand eût été désirable, mais les moyens dont nous disposions nous obligeaient à rester dans les limites précédentes. Nous nous en consolions d'ailleurs, en songeant que grâce à ces faibles dimensions nous pourrions évoluer plus facilement dans les glaces, pénétrer dans les petites anses, et que devant naviguer généralement sans carte, un faible tirant nous permettait dans la plupart des cas de voir le fond avant qu'il ne devint dangereux pour nous."
"Nous voudrions entendre claquer la voile et la voir se dérouler comme un serpent, pendant que d'un côté elle gonfle, et que de l'autre, elle palpite comme un drapeau dans le vent, puis elle s'arrondit. Nous voudrions que les voiles soient enfin gonflées depuis la paume des mâts jusqu'aux pieds. Nous voudrions que le vent soit appuyé d'aplomb sur toute la largeur de notre toile dans les trois mâts du haut en bas, et qu'enfin nous soyons en train de bondir la pointe en avant." -
Fragments de Paradis, Jean Giono
18/07 - Beau temps. Nous prenons le large et nous sillonnons le lac Léman. Du paisible paysage helvétique et de l'imaginaire collectif du voyage en mer nous prélevons des signes et des formes. Par les outils qui nous sont familiers, nous les assemblons et les remodelons pour rendre compte du périple de notre embarcation et élaborer une nouvelle fiction. Dès lors, le décor se dessine, notre navire se construit, des aventures s'esquissent. Et puisqu'il importe peu de savoir si le bateau et les paysages qu'il traverse existent ou n'existent pas, appliquons-nous à rendre ce récit plausible.